Des joueuses de football féminin se disputent le ballon lors d'un match.

Ligue Féminine de Football Professionnel : la nouvelle ère du foot féminin

La création de la Ligue Féminine de Football Professionnel marque un tournant pour le football féminin français. Gouvernance renforcée, développement économique, visibilité accrue : la LFFP répond à une croissance sportive et sociétale sans précédent. Une nouvelle ère s’ouvre pour le sport féminin en France.


Comment la Ligue Féminine de Football Professionnel (LFFP) révolutionne le football féminin français ?

Pourquoi la Ligue Féminine de Football Professionnel suscite-t-elle autant d’attention depuis sa création en 2024 ? Parce qu’elle symbolise bien plus qu’une nouvelle organisation. Elle incarne une bascule historique pour le foot féminin français, longtemps freiné par un manque de reconnaissance structurelle. Il dispose aujourd’hui d’une entité dédiée à son développement, à sa gouvernance et à sa visibilité. La LFFP s’inscrit dans un mouvement de fond, porté par la progression des licenciées, la montée en puissance économique du sport féminin et une attente sociétale forte. Voici comment la Ligue Féminine de Football Professionnel transforme durablement le paysage sportif français.

Une structuration inédite du football féminin français professionnel

Concrètement, qu’est-ce que cela change ? La création de la LFFP marque une rupture avec une organisation historiquement intégrée à la Fédération Française de Football (FFF). Le football féminin de haut niveau bénéficie désormais d’une gouvernance autonome, pensée pour répondre à ses enjeux spécifiques.

La Ligue Féminine de Football Professionnel pilote les compétitions élites féminines, structure leur développement économique et fixe un cadre professionnel clair pour les clubs. Cette évolution aligne la France sur les modèles européens les plus avancés, tout en conservant une identité propre au soccer féminin français.

Un héritage footballistique longtemps freiné par les inégalités

Saviez-vous que le football féminin français ne date pas d’hier ? Les pionnières du ballon rond ont disputé des rencontres officielles dès 1917, avant la création d’un premier championnat national en 1919 ! Ce dernier disparaît dans les années 1930, victime de pressions sociales et de stéréotypes de genre.

La reconnaissance par la FFF n’intervient qu’en 1970, suivie de la relance du championnat en 1974. Le développement tardif du football féminin explique les écarts persistants avec le modèle masculin, rendant toute comparaison directe peu pertinente. Les joueuses possèdent indéniablement du talent, mais elles évoluent encore dans un cadre souvent fragile, marqué par une professionnalisation récente, des conditions matérielles insuffisantes et un manque structurel de moyens, tant financiers que médiatiques. La création de la LFFP au 1er juillet 2024 constitue une étape déterminante dans la progression du football français et témoigne d’un élan inédit en faveur du football féminin.

L’enjeu implique une transformation globale de l’écosystème pour garantir une croissance durable : amélioration de la visibilité, lutte contre les discriminations et accès des femmes aux instances de décision.

Professionnalisation, salaires et conditions de travail des footballeuses

Comment vivre aujourd’hui du football féminin professionnel en France ? La Ligue Féminine de Football Professionnel pose les bases d’une professionnalisation plus homogène. Le salaire moyen d’une footballeuse professionnelle s’élève à environ 2 494 euros bruts mensuels, selon les chiffres de la FFF. On note tout de même des disparités importantes avec, par exemple, jusqu’à 20 000 euros de salaire brut mensuel pour les joueuses de Lyon. Certaines footballeuses de clubs majeurs, comme justement l’Olympique Lyonnais ou le PSG dépassent largement les 15 000 euros, tandis que d’autres restent proches du SMIC. Les dix joueuses les mieux payées gagnent entre 40 000 et 80 000 euros, selon les estimations de l’Équipe.

La LFFP vise à réduire ces écarts en encadrant les contrats, en améliorant les infrastructures et en renforçant la stabilité économique des clubs. Les enjeux dépassent la rémunération : ils visent aussi à permettre aux joueuses de se consacrer pleinement à leur carrière sportive, sans devoir jongler entre emploi, études et entraînements.

Le football féminin français en plein essor

Pourquoi la pratique féminine progresse-t-elle si rapidement ? Le football féminin français connaît une croissance annuelle estimée à 10 % sur la dernière décennie. La FFF recense plus de 251 000 licenciées en 2024, contre 87 863 en 2011-2012, sur un total de 2,38 millions de licences. Cette progression concerne aussi l’encadrement, avec plus de 2 400 éducatrices et 1 448 arbitres femmes. Le nombre de dirigeantes a également doublé, passant de 26 717 à 40 687 entre 2012 et 2024.

La LFFP s’inscrit dans cette dynamique, en créant un lien direct entre la base amateur et l’élite professionnelle. Les jeunes filles peuvent intégrer un club dès la catégorie U6, avec une mixité autorisée jusqu’à 15 ans, favorisant une pratique précoce et durable.

Un secteur attractif pour les futures générations de joueuses

Pourquoi l’économie du sport féminin attire-t-elle désormais les investisseurs ? À l’échelle mondiale, les revenus du sport féminin devaient atteindre plus de 2 milliards d’euros en 2025, portés en grande partie par les partenariats et la diffusion médiatique. Le football féminin reste l’un des piliers de cette croissance, avec des revenus projetés à 820 millions de dollars. Les recettes générées par les activités commerciales (parrainages, partenariats, ventes de produits dérivés et tournées) constituent aujourd’hui le moteur principal de l’économie du sport féminin. Ces gains ont dépassé pour la première fois le milliard de dollars en 2024, représentant 55 % des revenus totaux, selon le cabinet de conseil Deloitte

La Ligue Féminine de Football Professionnel joue un rôle clé dans cette valorisation, en renforçant la visibilité des compétitions et en rendant l’offre plus lisible pour les diffuseurs et les sponsors. Une meilleure exposition médiatique favorise l’intérêt du public, condition indispensable à la viabilité économique du modèle.

La Ligue Féminine de Football Professionnel au cœur de l’ambition européenne

Comment la France s’inscrit-elle dans la stratégie européenne du football féminin ?L’UEFA a validé en septembre 2024 un plan audacieux pour le foot féminin à l’horizon 2030, avec un investissement d’un milliard d’euros dédié à la pratique, à la formation et à la gouvernance. L’organisation a établi plusieurs leviers clés pour structurer de manière durable le développement du football féminin au cours des prochaines années :

  • détection et accompagnement des jeunes talents grâce au programme UEFA Together et à l’intensification des compétitions et des partenariats de formation ;
  • élargissement du vivier grâce au football scolaire, en facilitant le passage des filles vers les clubs ;
  • professionnalisation des clubs, conditionnant les subventions à des standards de gouvernance et de formation plus élevés ;
  • renforcement de la solidarité financière afin de réduire les écarts et améliorer l’équilibre compétitif des championnats européens.

La Ligue Féminine de Football Professionnel s’aligne sur ces orientations, tout en répondant aux objectifs de la FIFA, qui voit dans le foot féminin un levier d’excellence sportive et d’impact social. La France dispose ainsi d’un cadre cohérent, du niveau local à l’international.

La Ligue Féminine de Football Professionnel ne résout pas instantanément toutes les inégalités, mais elle constitue un socle indispensable. Gouvernance dédiée, structuration économique, amélioration des conditions de travail et visibilité accrue : le football féminin français entre dans une phase de maturité.

L’enjeu ne consiste pas à reproduire le modèle masculin, mais à construire un écosystème équilibré, durable et attractif. La réussite de la LFFP dépendra aussi de vous : spectateurs, pratiquants, médias et acteurs du sport. Le soccer féminin possède désormais les outils pour s’imposer. La question reste ouverte : serez-vous au rendez-vous de cette nouvelle ère ?


Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *